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 BENJAMIN SCHOOS, SABINO ORSINI, JACQUES DUVALL: compte rendu

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GUIBERT FRANCOIS
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MessageSujet: BENJAMIN SCHOOS, SABINO ORSINI, JACQUES DUVALL: compte rendu   Ven 29 Juin - 15:50

Paru dans "ACCORDEON & ACCORDEONISTES"

n°121 (juillet/août 2012) :








Dernière édition par GUIBERT FRANCOIS le Dim 22 Mar - 1:34, édité 3 fois
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GUIBERT FRANCOIS
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MessageSujet: Re: BENJAMIN SCHOOS, SABINO ORSINI, JACQUES DUVALL: compte rendu   Mar 12 Nov - 0:45








• Nouvelle page spéciale
(avec compte rendu détaillé)

« Compte rendu détaillé du concert “CHINA MAN VS CHINA GIRL”
de BENJAMIN SCHOOS
le 3 octobre 2013 aux TROIS BAUDETS (Paris) »


sur ce lien (à copier-coller) :
http://lachanteusemariefrance.fr.gd/BENJAMIN-SCHOOS--g-CHINA-MAN-VS-CHINA-GIRL-g--le-3-octobre-2013-aux-TROIS-BAUDETS--k1-Paris-k2---d--compte-rendu-.-.htm





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BENJAMIN SCHOOS
joue son album “CHINA MAN VS CHINA GIRL”
en première partie de BERTRAND BURGALAT

le jeudi 3 octobre 2013 aux TROIS BAUDETS (Paris) :


« Je voudrais remercier Benjamin Schoos qui a fait notre première partie, qui a été très chic et que j’apprécie beaucoup. »
(© Bertrand Burgalat, sur la scène des Trois Baudets, vers la fin de son set)

Grâce à mister Burgalat, autre maestro de la pop en français, Benjamin Schoos se produit de nouveau à Paris. Immanquable, comme pour chaque prestation Freaksville dans la ville de la reine du rock’n’roll Marie France. Quarante minutes d’élégance et de savoir-faire pop, au service de magnifiques chansons qu’il a composées. Les paroles sont écrites par Jacques Duvall, hormis “Le combat”, texte signé Marc Wathieu.

20h : « Bonsoir, lance monsieur Schoos après une courte intro instrumentale, assis devant son synthé, costard noir et cravate, comme ses acolytes. Je vais vous chanter mon album “China Man Vs China Girl”, l’histoire d’un catcheur belge qui affronte une Chinoise as du kung-fu. La première chanson s’appelle “Marquise”. »

Avec une rythmique sortant tout droit de son clavier, et un arrangement lancinant synthétique, il chante ce titre enjoué et euphorique. Un texte en forme de spéciale dédicace, en provenance tout droit du dingo cerveau de Duvall, à une noble dame bien sous tous rapports et dévouée corps et âme à son prochain.

Pour “Profession catcheur”, Benjamin fait son Didier Wampas façon soft et tranquillos. Ainsi, tout en continuant à chanter, il s’asseoir sur le rebord de la scène, se balade dans l’allée du premier rang (inoccupé). Il reconnaît un Freaksville dingofan au deuxième rang.

Puis il termine cette pop song atmosphérique en s’allongeant sur scène, toujours en costume bien sûr. « Ça, c’est le catch belge que vous venez de vivre en direct. Je suis ravi de vous présenter mes musiciens : Christophe Cerri au piano. Originaire d’Angleterre mais il habite à Paris depuis peu, Jeremy Allen au synthé. Et enfin, Pascal Schyns au Korg MS2000 et au synthé. »

La dextérité des doigts de Chris Cerri sur son piano est mise en valeur et en avant pendant “La Chinoise”. Une émouvante chanson d’amour-cri du coeur du catcheur-narrateur imaginé par Duvall vis-à-vis de la “fille du dragon”.

Benjamin chante ensuite “Je ne vois que vous”, son tube radiomultidiffusé dans de nombreux pays. Par rapport à la version studio, il rajoute dans le refrain les mots anglais « I only see you », alternés avec sa traduc’ franco-belge.

L’interprétation live du “Combat” délaisse la grosse influence Etienne Daho (dans les mots chantés, la façon dont Benjamin entonne le refrain, voix un peu haut perchée) de la version studio, rythmée par la batterie de Jérôme Danthinne (des Fantômes et Loved Drones). Là, sur scène, “Le combat” est plus émouvant, plus à nu, épuré, dans les arrangements. Il propose ensuite “China Man Vs China Girl” et, assis à nouveau sur le rebord de la scène, l’exalté et poignant “À mort l’amour” (alternant en bonus dans son interprétation live les mots “amor” et “amour” dans le refrain).

« Merci beaucoup. Avant de vous laisser avec le grand Bertrand, je vais terminer avec l’un de mes tout nouveaux morceaux. Je l’ai composé avec Alexandre Chatelard. »

Cette chanson pop inédite, envoûtante, solide et carrée, est présentée pour la première fois en public. Il est question entre autres d’un « masque de transe » dans le refrain. Elle laisse présager d’un prochain disque aussi inspiré que le CD “China Man Vs China Girl”. Avec une rythmique toutefois plus appuyée, plus dansante, tout en restant aussi pop. La verve créatrice de Benjamin Schoos et Freaksville fonctionne toujours à plein régime.

C’était la dernière date de la tournée “China Man Vs China Girl” de Benjamin Schoos. En 2014, il publiera un nouvel album. Il le défendra au fil des mois en donnant au moins une trentaine de concerts (dont trois au Vietnam en avril).

À ce jour, “China Man Vs China Girl” ainsi que sa captation live officielle “Au Théâtre de l’Etuve” sont les pièces maîtresses de la discographie de Benjamin Schoos/Miam Monster Miam. À égalité avec “Femme plastique” (2011) dans un tout autre registre, rock, azimuté, explosif.

Et où il est accompagné par les fantastiques Loved Drones, alias Les Fantômes lorsqu’ils accompagnent sur scène ou sur disque Marie France. Comme c’était le cas lors du concert spécial “39 de fièvre” de cette dernière le 18 mai 2013 au Réservoir (Paris), concrétisation bien réelle d’un rêve que l’on pensait irréalisable. Et qui est désormais gravé à vie dans la mémoire des dingofans y ayant assisté.

François Guibert

(11 novembre 2013)









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MessageSujet: Re: BENJAMIN SCHOOS, SABINO ORSINI, JACQUES DUVALL: compte rendu   Mar 29 Avr - 22:15




Nouvelle page spéciale

« Compte rendu du concert “The Tangible Effect Of Love”

de BENJAMIN SCHOOS & LES LOVED DRONES

le 28 mars 2014 à LA MAROQUINERIE (Paris) »

sur ce lien :
http://lachanteusemariefrance.fr.gd/BENJAMIN-SCHOOS-et-les-LOVED-DRONES--k1--g-The-Tangible-Effect-Of-Love-g--k2--le-28-mars-2014-a-LA-MAROQUINERIE--k1-Paris-k2---d--compte-rendu-.-.htm










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BENJAMIN SCHOOS & LES LOVED DRONES
Concert “THE TANGIBLE EFFECT OF LOVE”

Vendredi 28 mars 2014 à la Maroquinerie (Paris) :


Dix mois après l’historique concert spécial “39° de fièvre” aux côtés de Marie France (1), les Loved Drones — alias Les Fantômes, ex-Phantom — reviennent sur scène à Paris.

Parole de Freaksville DingoFan addict : “The Tangible Effect Of Love” (2012) des Loved Drones est l’opus le plus étrange et bizarre de Freaksville. Musicalement, il est très difficile d’accès. C’est sans aucun doute le CD le plus invendable (à un large public) de cet hyper créatif label belge.

Il s’agit d’instrumentaux psychédéliques, planants et cosmiques, avec toutefois l’esprit allumé freaksvillien. Benjamin Schoos et, en invités, Emmanuelle Parrenin (“Cosmic Memories”, où elle joue aussi de la harpe) ainsi qu’un certain Rockhausen y posent des voix de-ci de-là.

D’une certaine façon, “The Tangible Effect…” est l’antithèse de la pétaradante et dynamique “Femme plastique” (2010) du même groupe. L’unique chanson de ce précédent album se rapprochant de “The Tangible…” est “Erotoman”. Ce titre préfigure l’ambiance expérimentale de musiques de films oniriques et vaporeux, distillée au long des huit plages de “The Tangible…”.

Ce 28 mars, Benjamin Schoos et son équipe présentent pour la première fois à Paris en live ce disque conceptuel. Il s’agit d’une première partie dans le cadre d’une soirée organisée par le magazine papier et le site “Gonzaï”, en prélude à Turzi et The Telescopes. Aussi, les Belges azimutés ne jouent que trente-cinq minutes. Soit cinq morceaux, de 20h20 à 20h55.

Benjamin Schoos, Jampur Fraize, Marc Wathieu (guitares), Pascal “Scalp” Schyns (basse), Chris Cerri (orgue) et Jérôme Danthinne (batterie) démarrent le set par “The Hindenburg Omen”. Et là, ouf de soulagement : les Freaksville Men n’ont pas viré hippies babacools. Ils jouent ce titre dans une version beaucoup plus rageuse et intense que celle du disque. Avec les guitares nettement plus en avant. Celles-ci, sur le CD, sont mixées (hormis le son cristallin d’une six-cordes à la fin de la chanson) sensiblement en arrière-plan, au profit des Fender Rhodes et claviers.

« Merci !, dit Benjamin. Nous sommes les Loved Drones, de Belgique. La prochaine s’intitule “Red City”. C’est un hommage à “Madchester” (Manchester). »

“Red City” suivi de “Romantic Giallo” : ces morceaux dégagent eux aussi sur scène un son beaucoup plus rock, compact, efficace, nerveux. Les guitares prédominent. Elles sont l’élément majeur de ces interprétations live.

Chris Cerri, au clavier, y ajoutent les éléments sonores intersidéraux. Cela donne une sorte de spectre-magma carré rock’n’roll, hypnotique et hyper énergique. Ça n’a rien à voir avec une atmosphère rebutante de progressive music mollassonne et horripilante (2).

L’ambiance se fait plus calme et ralentie avec “Psychotic Educational Sex TV”, un space funk soul track. Le tempo, medium, est langoureux. Benjamin passe sa voix au vocoder. Sur la version studio, on y entend de la flûte traversière (jouée par Jean-François Hustin) mais heureusement pas en concert. Ce titre est dans la même veine que la chanson “Elle ou moi” (sur l’album “Kiss” de Marie France & Les Fantômes, 2012).

La chanson “Cosmic Memories”, agrémentée sa phrase gimmick « Souvenirs métaphysiques de notre existence cosmique », est agréable. C’est une sorte de bande son pour la rêverie et l’onirisme. Mais le meilleur moment de cette composition reste le final de sa relecture scénique : pendant trois ou quatre minutes, des guitares hargneuses, mordantes, carrées, et une rythmique appuyée.

“The Tangible Effect Of Love” en live : ou quand nos héros belges de Freaksville s’aventurent sur les terres du Cosmic Space Rock. Avec un max’ de patate, à bloc, et plein de sons de guitares.

François Guibert
(19 avril 2014)

(1) : le samedi 18 mai 2013 au Réservoir (Paris).

(2) : car oui, le style musical qui donne des envies d’énervement, qui procure malgré soi des sentiments de haine, de stress et des ondes négatives, ce n’est pas par exemple le punk mais le rock (et la pop) progressif. Un calvaire sonore. Une atrocité découverte et subie en live sous le nom de Joy As A Toy, le 11 février 2011 à L’International (Paris).

Les breaks étaient incessants. Les musiciens se regardaient et s’écoutaient jouer entre eux. Aucun plaisir à écouter leur musique prétentieuse, sans queue ni tête. Un traumatisme interminable, qui a duré cinquante exténuantes minutes. 



De façon incongrue et hors sujet, cet affreux groupe belge de progressive pop, Joy As A Toy, ouvrait ce soir-là pour Miam Monster Miam & les Loved Drones. Ces derniers ont ensuite présenté un set rock’n’roll puissant et éclatant avec les chansons de leur album “Femme plastique”. Aucun lien artistique du tout entre les deux formations.



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MessageSujet: Re: BENJAMIN SCHOOS, SABINO ORSINI, JACQUES DUVALL: compte rendu   Jeu 8 Mai - 18:41





Nouvelle page spéciale

« Chronique détaillée du livre

“JACQUES DUVALL, LE CONTREBANDIER DE LA CHANSON”

(Éditions du Caïd, 2014) »


sur ce lien à copier-coller :
http://lachanteusemariefrance.fr.gd/-g-JACQUES-DUVALL%2C-le-contrebandier-de-la-chanson-g---k1-Editions-Caid%2C-2014-k2---d--chronique-du-livre-.-.htm





Ci-dessus :
Jacques Duvall et Marie France.


Par Jay Alanski (Bruxelles, 2002)






Commandez ce livre sur Jacques Duvall

sur le site des Editions du Caïd :


http://www.editionsducaid.com/fr/nouveautes.html







« Jacques Duvall's Book in my hands! So excited! »

Benjamin Schoos
(6 mai 2014)





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Livre “Jacques Duvall, le contrebandier de la chanson”


(Éditions du Caïd)

Ce livre est une bombe culturelle, littéraire et rock’n’roll. Dedans, il y a absolument tout concernant Jacques Duvall, l’homme, le parolier et le chanteur. Il ne manque rien : son parcours, ses artistes interprètes fétiches (Marie France, Lio, Alain Chamfort, entre autres), ses disques, ses marottes et obsessions depuis six décennies (dans la musique, le cinéma, la vie). Les multiples facettes de ce génial auteur-chanteur expert en désespoir sont passées au crible, et de manière enthousiasmante à lire.

Ce bouquin a vu le jour grâce à l’envie et l’énergie de l’équipe belge Freaksville Record. Il a été mis en route en juin 2013 (date à laquelle les premiers articles ont commencé à être rédigés) et imprimé en avril 2014. Pascal Schyns, bassiste de Marie France & Les Fantômes et des Loved Drones, qui dirige les Éditions du Caïd, a réalisé l’intégralité de la maquette.

La mise en page est sobre, claire, nette, simple. Hormis les chapos (présentations des articles) dotés d’un fond jaune flashy et de quelques visuels couleurs, le noir & blanc prédomine. Tout est au service des textes et des photos.

Les photos, justement. Toutes inédites, elles proviennent de la collection personnelle de Jacques, de Michel Clair, Jeep Novak, ainsi que d’autres personnes (Pascal Winkel, Michel Moers, Stéphanie Battiston…). Ou bien elles ont été prises par Pascal Schyns période Freaksville 2006/2013. Certaines sont issues de séances pour des pochettes de disques des années 1980 (45 tours “Je te hais”, album “Comme la romaine”, etc.). Mais celles publiées ici sont justement des prises “alternatives”.

Chaque article est d’une haute teneur rédactionnelle, toujours doté d’un point de vue argumenté, d’une vision personnelle. Tous les intervenants savent de quoi ils parlent et maîtrisent totalement leur sujet. Ils en parlent de manière compréhensible par toute personne qui se procurera le livre. Tous sont là pour servir et traiter au mieux, décortiquer de façon précise, exemples à l’appui, l’infinie thématique duvallesque.

Ainsi, Jean-Éric Perrin relate la création et l’enregistrement de “Pop Model” (1986). Il décrit le formidable contenu artistique de cet album majeur et à succès de Lio.

Dans le même état d’esprit, Thomas E. Florin retrace la genèse et l’enregistrement de “Hantises”, disque fondateur de 2006, point de départ de la connexion avec Freaksville. Michel Heynen, lui, se penche sur l’opus “Le cow-boy et la callgirl”.

Quand deux paroliers francophones majeurs se rencontrent : Jean-William Thoury converse avec Jacques à propos de ses premiers émois musicaux, ses interprètes, Serge Gainsbourg, l’écriture en français et en anglais, ou encore Elvis Presley.

Jean-Emmanuel Deluxe revient sur l’époque underground The Beautiful Losers de Jay Alanski. Il s’entretient également avec Jacques au sujet de Lio 1977/1983 et des “Lunettes noires” de Helena (LNA) Noguerra.

Olivier Monssens retrace les années Telex. Gilles Verlant explique, à travers deux articles, pourquoi Duvall est un « génie » (absolument, ce mot est écrit noir sur blanc par Verlant).

Avec une plume élégante et plutôt littéraire, Michel Heynen (article “Tous les chagrins mènent à Rome”) évoque les ambiances italiennes du 33 tours “Comme la romaine”.

Extraits de paroles à l’appui, Frédéric Pourbaix et Philippe Schoonbrood livrent chacun, dans deux articles différents (1), leur propre interprétation de la façon d’écrire de Duvall. Pourbaix consacre un autre article cette fois à “Swinging Jacques : Duvall et la langue de Sid Vicious”, donc lorsque le maestro a des envies d’écriture anglophone.

Les questions posées par Pierre Mikaïloff à l’auteur de “La fièvre dans le sang” ou du “Grand retour” sont toutes volontairement axées autour d’Alain Chamfort : comment la rencontre s’est faite, la manière dont ce tandem collabore, le fait de succéder à Gainsbourg, etc.

Juan d’Oultremont rédige un hallucinant et pourtant véridique reportage autour d’un tournage d’un clip amateur une nuit à Bruxelles. Où lorsque Duvall devient une sorte de Pierre Richard cowboy maudit et ensanglanté qui finit aux urgences.

En clôture du livre, Serge Coosemans met en avant les “trésors cachés” du parolier de Lio : films fantastiques (vampires, etc.) des années 1960, pin-ups, country music, disco (oui oui, le style musical disco).

Jampur Fraize propose une hilarante bande dessinée de quatre pages, très bien vue, tordante à lire : “Le jour où Duvall a dupé Kim Fowley”. Les dialogues, brillants et vifs, sont scénarisés et adaptés par Hilaire Picault à partir de vrais propos de Jacques. Outre Hagen Dierks (premier pseudo de Jacques Duvall), on reconnaît d’une case à l’autre Joan Jett, Cherrie Currie, une jeune femme parisienne “déréglée”, etc.

“…Le contrebandier de la chanson” est un ouvrage fantastique. Il captive et passionne de la première à la dernière page. Après une telle œuvre, dans l’avenir, il semble difficile voire impossible de faire mieux que cela, de façon aussi approfondie et vivante, en matière de livre sur Jacques Duvall.

François Guibert
(26 avril 2014),


rédacteur de trois articles :

— “Marie France & Duvall, ils ne se quitteront jamais” (huit pages),

— “Freaksville, la nouvelle équipe de Duvall” (sept pages),

— “Le premier concert parisien de Duvall chanteur : Le Klub, 20 décembre 2006” (six pages)

(pour autant, hors de question que je m’interdise de chroniquer ce livre, qui est un travail collectif de passionnés)

(1) : “De la garce à l’imploreuse : dans les méandres des vils vinyles de Duvall” pour Frédéric Pourbaix, “Le réfugié solitaire” pour Philippe Schoonbrood.























Ci-dessous :
Marie France et Jacques Duvall
(sur la scène du Botanique à Bruxelles,
15 mai 2008).


« Jacques Duvall : j'aime tant ses mots. »

Marie France
(18 avril 2014)


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MessageSujet: Re: BENJAMIN SCHOOS, SABINO ORSINI, JACQUES DUVALL: compte rendu   Lun 10 Nov - 23:26




Nouvelle page spéciale

« Compte rendu détaillé du concert “The Tangible Effect Of Love”

de BENJAMIN SCHOOS & THE LOVED DRONES feat. BERTRAND BURGALAT

le 20 septembre 2014 à LA BOULE NOIRE (Paris) »


en ligne sur ce lien à copier-coller :
http://lachanteusemariefrance.fr.gd/BENJAMIN-SCHOOS-et-les-LOVED-DRONES--k1-album--g-THE-TANGIBLE-EFFECT-OF-LOVE-g--k2--feat-.--BERTRAND-BURGALAT-le-20-septembre-2014-a-LA-BOULE-NOIRE--k1-Paris-k2---d--compte-rendu-.-.htm





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Concert “THE TANGIBLE EFFECT OF LOVE”

de BENJAMIN SCHOOS & THE LOVED DRONES

featuring BERTRAND BURGALAT

le samedi 20 septembre 2014

à LA BOULE NOIRE (Paris) :


“The Tangible Effect Of Love” de The Loved Drones (2012) est l’album le plus déroutant et difficile d’accès du label Freaksville. Il peut rebuter et laisser à sa porte les auditeurs aimant le rock 1 2 3 4 uppercut et électrochoc.

Alors, ce n’est pas de la progressive music ramollo. Ce n’est pas non plus une ambiance comme dans le film insupportable et terrifiant “Pink Floyd: Live At Pompeii”. Mais quand même, le disque réunit des instrumentaux de pop seventies planante et éthérée, toutefois à tendance rocky. Et dans une option baba cool mais azimutée du vingt-et-unième siècle, même si étrange et ésotérique.

Les guitares ne sont pas mixées autant en avant que sur “Femme plastique”. Cet éclatant et solide album, paru en 2010, est la parfaite carte de visite 100 % représentative des Loved Drones.

En tout cas, qu’on ne s’inquiète pas : Benjamin Schoos, Marc Wathieu, Jampur Fraize (guitares), Pascal Schyns (basse) et Jérôme Danthinne (batterie) ne sont pas devenus subitement Les Yes ou Les Genesis dingobelges du système D.

Leurs prestations autour des compositions de “The Tangible…” à la Maroquinerie (28 mars 2014) et ce soir à la Boule Noire le confirment.

Comme par magie, en concert, toute cette atmosphère psychédélique à rallonge s’évapore. Il s’agit bien des mêmes morceaux, mélangés à des passages d’impros. Mais dans leur transposition live, ils ont une fière allure énergique. Et un son rock’n’roll carré. Exactement comme lors des concerts “Femme plastique” (2011).

Les trois six-cordes électriques, à fond, sont mises très en avant. Pas de manière bourrine, non : juste dynamiques, simples, premier degré.

Ce soir au synthétiseur : Bertrand Burgalat, invité d’honneur french pop. Ou quand les Freaks’ men rencontrent le Tricatel sound.

La veille, à partir de l’écoute du CD (ou de l’enregistrement de la répétition des Loved Drones trois jours avant à Liège ?), il a mis en place ses propres idées. Il a imaginé des arrangements sonores personnels qu’il joue avec son instrument, autour de ces morceaux.

Il les a répétés avec le groupe lors de la balance à la Boule Noire, quelques heures avant le concert. Et cela fonctionne. Tout en étant au centre de la scène, il est au même niveau sonore que chacun des autres musiciens. Les guitares sont même (très) légèrement plus en avant dans la sonorisation.

Exemple parmi tant d’autres de la réactivité zébulonesque et de la fraternité créative de Freaksville : l’après-midi même, Benjamin Schoos a rencontré Rémy Bousseau (saxophone ténor, flûte traversière), via un de leurs amis communs (le violoncelliste Jean-François Assy).

Eh bien, hop, le soir, cela roule OK : à l’invitation de Benjamin, Rémy monte sur scène à deux reprises. Ainsi, durant “Red City”, il improvise une douce mélopée à la flûte traversière. Elle est similaire à la trame déroulée par l’orgue sur la version studio. Et sur les deux derniers morceaux, il envoie des sons de sax entre free jazz et funk style.

Les costumes de scène sont des sortes de tenues masculines à la Belphégor (mais sans possibilité pour le public d’apercevoir ne serait-ce que leurs yeux). Ces habits de moines inquiétants et dangereux, avec capuches, ont été créés par le collectif Sauvage Sauvage en 2011 pour le clip “Charleroi 2035” de Miam Monster Miam.

Durant les cinquante minutes du concert, ils garderont ce déguisement. Quitte à crever de chaud à l’intérieur, sous les spotlights (aux teintes assez sombres, d’ailleurs). En quelque sorte, “39 de fièvre” (clin d’œil) sous la chaleur des projecteurs. Et peut-être aussi, du coup, ne sont-ils pas totalement libres de leurs mouvements, engoncés dans ces habits-concepts.

On devine et comprend l’idée de départ de Benjamin Schoos, mégafan de science-fiction : reproduire en live l’atmosphère mystérieuse du vidéoclip “Charleroi 2035”. Apparaître telle une secte surréaliste pop musicale, futuriste et imaginaire, etc. Comme s’ils étaient figurants dans un film de Dario Argento ou de Mario Bava.

Et aussi permettre au public, face à des musiciens qui se mettent ainsi en total retrait visuel, de mieux se concentrer sur la musique. Oui, sauf que là : on peut tout autant — et même mieux, en fait, car ces tenues perturbent — apprécier les morceaux lorsqu’on voit de visu les personnes qui les interprètent.

Les musiciens Freaksville ont de sacrées chouettes tronches. Ils ressemblent à des personnages-héros malins et débrouillards de bandes dessinées. Aussi il faut justement qu’ils se montrent en pleine lumière, comme ils l’ont toujours fait (hormis ce soir).

Il faut qu’on voit leurs visages, leurs yeux, leurs expressions lorsqu’ils jouent, sourient, se regardent les uns les autres, ou en direction du public.

Or, ces toges marrons à capuchon empêchent qu’un lien réel et instantané se crée entre le groupe et les spectateurs venus assister à leur prestation. Cela crée une barrière psychologique, une sorte de frustration visuelle.

Par contre, sur le plan musical, les Loved Drones délivrent leur potion électrique comme ils savent le faire : “Romantic Giallo”, “The Hindenburg Omen”, “Red City”, “Cosmic Memories”, “Charleroi 2035”. Une musique rocky spatiale, cosmique, qui pulse.

Comme de bien entendu, dans le cadre de cette soirée organisée par “Le nouvel an belge”, “Charleroi 2035” clôture le set. C’est le seul morceau entièrement chanté (extrait de “Femme plastique”), avec des paroles (hormis quelques mots ici ou là, comme sur “Red City”).

Sous sa cagoule, Benjamin met en avant son tempérament de showman, bougeant (autant que faire se peut) dans tous les sens, s’agenouillant, se remettant debout : « Tous avec moi : “Cha-Cha-Cha-Charleroi” ! », etc.

Benjamin & les Loved Drones forment une bande solide, soudée et compacte. Ils s’adaptent facilement et rapidement à diverses formules ou thématiques, d’un concert à l’autre : électriques, acoustiques, rock roll, kraut rock (avec Damo Suzuki durant une heure d’impro à Liège le 7 octobre 2012), chanson (les sets “China Man Vs China Girl” de Benjamin, etc.).

Durant ces cinquante minutes, on retrouve pile poil l’état d’esprit sonore et musical qu’ont les Loved lorsqu’ils jouent sous le nom Les Fantômes (ex-Phantom) aux côtés de Marie France.

Depuis le 20 décembre 2006 (date de leur rencontre scénique au Klub à Paris), ils sont pour Marie France des musiciens irremplaçables. 100 % sur la même longueur d’ondes qu’elle, ils lui correspondent parfaitement.

Dans son répertoire électrique survolté, ils sont aussi fondamentaux que le sont (et le seront toujours) Vincent Palmer, Jean-William Thoury et Dynamite Yan (l’épopée “39 de fièvre”).

François Guibert
(2 novembre 2014)

© Photos : Clément Boulland



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MessageSujet: Re: BENJAMIN SCHOOS, SABINO ORSINI, JACQUES DUVALL: compte rendu   Dim 22 Mar - 1:34




Nouvelle page spéciale inédite

« Compte rendu détaillé des concerts

de BENJAMIN SCHOOS (“Beau futur”)

et de SABINO ORSINI (“Chroniques calabraises”) & JACQUES DUVALL (“Je ne me prends plus pour Dieu”)

le 25 février 2015 aux TROIS BAUDETS (Paris) »


en ligne sur ce lien :
http://lachanteusemariefrance.fr.gd/JACQUES-DUVALL--k1--g-Je-ne-me-prends-plus-pour-Dieu-g--k2--%2B-BENJAMIN-SCHOOS--k1--g-Beau-futur-g--k2--%2B-SABINO-ORSINI--k1--g-Chroniques-calabraises-g--k2--le-25-fevrier-2015-aux-TROIS-BAUDETS--k1-Paris-k2---d--compte-rendu-.-.htm




Durant la tarentelle (instrumental).
Jacques Duvall (à gauche) a rejoint la scène.
Devant lui : le guitariste (et mandoliniste) Chris Cerri.
(© Clément Boulland)




De gauche à droite :
Chris Cerri, Pascal "Scalp" Schyns,
Benjamin Schoos, Sophie Galet,
Claire Wilcock.
(© Clément Boulland)



•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••




Ci-dessus : Benjamin Schoos
(© Clément Boulland)



BENJAMIN SCHOOS (“Beau futur”)

+ SABINO ORSINI & JACQUES DUVALL
(“Chroniques calabraises”)

le mercredi 25 février 2015 aux TROIS BAUDETS (Paris)

(+ chronique de l’album vinyle 33 tours
“Je ne me prends plus pour Dieu” de JACQUES DUVALL) :


Avec son nouvel album “Chroniques calabraises” (paru chez Freaksville en février 2015), Sabino Orsini démontre qu’il est un vrai chanteur et interprète sensible.

Dès sa mise en ligne en juin 2013, sa précédente chanson (vidéoclippée), “Les papillons”, ne convainquait pas. Il s’agit d’un texte à la thématique trop vague et générale. La musique, aux influences Beatles, sonne variété pop, tendance Les Innocents 1991/2015. Un titre bien produit, joué et chanté, mais à travers lequel sa personnalité ne ressort pas.

Cette fois, avec ses “Chronique calabraises”, il touche directement le cœur des spectateurs (et des personnes qui écouteront son disque). Il se trouve enfin en tant qu’artiste. Lorsqu’il fait ainsi ressortir ses racines, on le sent désormais pleinement concerné et inspiré par les paroles qu’il chante.

Ces “Chroniques…” retracent l’existence fictive d’un “homme d’honneur” dans la région de Calabre (d’où Sabino est originaire), de sa naissance à son exécution.

« Ceci est une histoire qui ne se termine jamais. Ceci est une histoire sans fin. Jour après jour, elle recommence. Jour après jour, elle continue. Jour après jour, sans savoir pourquoi. Pour celui qui veut vivre en paix, c’est assez simple : il suffit de s’occuper de ses affaires. Ici, on peut vivre jusqu’à 100 ans… Si on est capable de la fermer. »

Par cette présentation parlée qui ne figure pas sur le disque, Jacques Duvall introduit le concert. En tant que narrateur, il se trouve durant les vingt-cinq premières minutes au premier étage de la salle de concert, dans la pénombre.

On voit sa silhouette de profil, projetée via un jeu de lumière sur l’un des murs de la salle à chacune de ses interventions. Dans les vingt dernières minutes du set, il rejoindra sur scène ses acolytes.

Jacques est l’auteur de tous les textes, simples, subtils, tout en finesse et suggestion. Son implication compte autant que celle de Sabino en tant qu’interprète dans la réussite incontestable de ce disque.

Entre chaque morceau, il intervient en tant que narrateur de l’histoire. Il joue le rôle du “padrino”, le “père” protecteur, à la fois craint et respecté.

Histoire de mettre le public dans l’ambiance ritale, Sabino démarre par “U mastru di lu sonu”. Il s’agit d’un air trad’ italien adopté par la mafia et qui n’est pas sur l’album. Ambiance guitare acoustique (jouée par lui) & mandoline (Chris Cerri).

Comme lorsqu’on écoute le disque, on ressent beaucoup d’émotions durant ces quarante-cinq minutes poignantes, sobres, à la fois pleines de retenue et de chaleur.

“San Michele”, “L’Aspromonte”, “Incarcéré”, “Je ne paierai pas”, “La fille aînée du padrino”, “La pieuvre”, “Je suis un repenti”, “Vendetta” (dans cet ordre-là) : huit chansons impeccables et intimistes, chantées par Sabino (guitare acoustique, chant, tambourin).

Chris Cerri (guitare électroacoustique), Benoît Poncin (contrebasse futuriste) et Maurice Blanchy (accordéon — sur l’album, c’est Vincent Pilliterri qui joue de cet instrument) l’accompagnent.

Entre “La fille aînée du padrino” et “La pieuvre”, c’est le moment où Duvall rejoint ses acolytes sur la scène, se plaçant debout, derrière Chris Cerri. Le groupe entame alors une tarentelle joyeuse et dansante, avec l’accordéon en instrument principal.

Durant ces quatre minutes musicales, mister Jacques déclame notamment ces phrases :
« Ça, ce que vous entendez là, c’est la danse de la famille Montalbano. La danse des maîtres chanteurs et des maîtres danseurs. Le soleil de Calabre a fait pousser une herbe noire. Une mauvaise herbe. Une graine de malandrin. Une herbe dont les racines plongent tellement profondément dans le sol noir de ce pays que personne ne pourra jamais l’en extirper. (…)
Les gens de ce pays savent quels sont leurs devoirs. Que celui qui gagne de l’argent sait ce qu’il doit payer pour ne pas finir entre de mauvaises mains. (…) C’est une aimable tarentelle. Prenez garde qu’elle ne se transforme pour vous en danse de la mort. Prenez garde. »

Tout cela en rythme et de façon crédible, en plein dans son personnage.

Avec ce disque et sa transposition live, Orsini et Duvall tiennent là une très belle proposition de spectacle. Celui-ci pourrait être présenté dans de nombreux petits lieux, cabarets, en France et en Belgique. Avec un thème assez peu (voire pas du tout) abordé jusqu’à présent dans la chanson française. Et ce de manière élégante, bien tournée. Où l’émotion prime avant tout.

« Le grand patron, le chef de tous les chefs, Jacomo Duvall ! »,
déclare Sabino lors de sa présentation, façon “Actors studio” mafioso, de chacun des participants.

Justement, on est très heureux de revoir en vrai Duvall à Paris, dans le cadre d’une salle de spectacles, et aussi hors scène. On ne l’a pas revu en vrai depuis sa dernière prestation dans la capitale française. C’était les 28 et 29 avril 2011, au Centre Wallonie-Bruxelles. Il interprétait “Il doit y avoir un truc (c’est pas possible !)”, lors des concerts “Femme plastique” de Benjamin Schoos (Miam Monster Miam) & les Loved Drones.

En 2015, le rusé et finaud “contrebandier de la chanson” reste fidèle à lui-même. C’est-à-dire un parolier fantastique. Depuis ses premières chansons en français (“Déréglée” et “Daisy” pour Marie France en 1977), il continue de surprendre à chacun des nouveaux textes qu’il écrit. Que ce soit pour lui ou pour Marie France, Lio, Benjamin Schoos, Charline Rose, Alain Chamfort, Mademoiselle Nineteen, etc.

Il est un être humain positivement terrible. On aimerait échanger et deviser avec lui, durant des heures et des jours, sur l’art, la culture, le rock, la chanson, entre autres. Son regard sur les choses de la vie, la musique, le cinéma, etc., est pertinent et précis.

Avec toujours son humour belge, désabusé mais pas cynique (surtout pas). Très différent de celui de Benoît Poelvoorde (quand ce dernier fait l’acteur dans les films ou est interviewé) mais tout aussi hilarant. Monsieur Jacques sait rire de lui-même et de sa propre vanité, qu’il assume d’ailleurs sans complexe. Mais sans jamais la ramener non plus.

Désormais, sur scène, Duvall n’est donc plus chanteur-loup-garou de ses propres morceaux de rock’n’roll. Juste un “simple” narrateur, aux gestes et aux déplacements économes. Ce qui est déjà bien.

En tout cas, il est en pleine forme artistique. Il a publié en janvier le vinyle 33 tours microsillons “Je ne me prends plus pour Dieu”, agrémenté d’indispensables fichiers numériques (vu qu’il n’existe pas de version CD officielle).

Un formidable disque, qui possède une verve textuelle identique à celle de ses autres albums (1). Au niveau de la production artistique, on peut constater les résultats de sept années d’expérience acquise par Benjamin Schoos en tant que réalisateur depuis “Hantises” (2006), premier disque Freaksville. Et première collaboration entre ce label belge et Jacques.

Tout au long de “Je ne me prends plus pour Dieu”, le son est large et live. Avec une profondeur, une chaleur dans la captation sonore de la voix et des instruments qu’il n’y a pas sur “Hantises”.

Les chansons en elles-mêmes sont imparables. Sur une musique entêtante et rock rollant un max’ tendance Link Wray ou Les Cramps des débuts, Jacques est ainsi une “Vedette américaine” (comme celles ouvrant pour Johnny à l’Olympia 1961/1962/1964, par exemple).

Et puis il y a la primesautière “Pauline est bipolaire”. “Tout seul” et son ambiance sixties au rock et au blues. Le texte est mi-désespéré mi-goguenard.

Le rigolo “Baby I Love You” tourne autour des sourdes rivalités, inévitables influences, références communes entremêlées et autres conflits d’intérêts entre auteurs (français, anglais, américains). Tout cela étalé sur cinq ou six décennies de pop culture mondiale de jeunes.

Tous ces titres sont une preuve tangible et évidente que l’auteur Jacques Duvall et le compositeur Benjamin Schoos forment un génial tandem façon “les Jerry Leiber & Mike Stoller au pays de Burt Blanca”.

Musicalement, il s’agit de solides ambiances blues, country, rock roll au tempo medium (aucun titre speed ici, hormis la cavalcade “Baby I Love You”). Jouées par l’équipe Freaksville (2).

Monsieur Jacques se voit apparemment comme une “Vieille locomotive”. Pourquoi pas ? Au passage, il glisse un clin d’œil kraftwerkien à l’époque “Banana split” 1979 avec Lio, Jay Alanski et Dan Lacksman via les vers suivants : « Ralf et Florian prenant le Trans Europe Express / Ça semblait tellement moderne / Mais maint’nant, tout ça / C’est si loin déjà ».

En tout cas, ce vieux tchou-tchou train filiforme et très bien conservé est toujours hyper captivant à voir et à écouter. Son état d’esprit caôw-bôye belgo-belge fasciné par d’autres vieux rockers francophones inusables (Johnny Hallyday) ou de l’Amérique demeure intact. Sa passion pour la country, le hillbilly, le blues, le rock roll fifties et ses dérivés (yé-yé d’ici, pop) des années 1960, 1970 et début des années 1980 (pas trop après) également.

Duvall 2015, parolier, chanteur, est en parfait état de marche. Et sa lucidité est au top. Du coup, si Dieu veut, il a encore de nombreuses années à vivre avant que sa chanson “Quand je serai incontinent” ne décrive la réalité de son quotidien, chez lui à Brussels.

Jacques Duvall est un génie. Il en convient lui-même bien volontiers, à sa façon (« Je n’me prends plus pour Dieu / Mais tout d’même sans m’vanter / C’est moi l’meilleur des deux »). Dans ses textes mais aussi en tant qu’interprète de disque, de scène, et showman.

Duvall est un chanteur « étonnant », comme l’avait écrit avec perspicacité Jean-William Thoury dans “Juke Box Magazine” début 2012. Il fascine par sa diction chouettement monocorde et sa voix ultra grave. Au vingt-et-unième siècle, elle très différente de celle qu’il a sur ses quelques 45 tours et 33 tours des années 1980.

Il est un grand interprète (et bien sûr parolier), dans sa façon de prononcer et chanter tel un loup-garou ses propres mots. Celle-ci est — enfin, était, car il ne chante plus en concert depuis 2011, pour l’instant — d’ailleurs sensiblement différente sur disque et sur scène. En concert 2006/2011, sa voix se fai(sai)t plus tonitruante, rauque et psychomaniaque.

Retour aux Trois Baudets, après la prestation de Duvall, Orsini et leurs musiciens. Cette fois, c’est au tour de Benjamin Schoos. Il présente ce soir aux Parisiens et banlieusards la version live de “Beau futur”. Un album de pop francophone inspirée et limpide. Qui prolonge et précise le style initié par “China Man vs China Girl” (2012), son disque à succès international (mérité).

Sur la version CD (seize titres) de “Beau futur”, interviennent un peu trop d’invités. Ceux qui ne sont pas du tout indispensables : Stef Kamil Carlens (“Daddy’s Down in The Mine”) et la voix de Miqui Puig sur “La vuelta del Doctor Amor ”.

Très bonne initiative : la version 33 tours vinyle (dix chansons) recadre sur l’essentiel et sur Schoos en tant que chanteur. C’est également le cas pour la set list de ce concert. Celle-ci est constituée de onze compositions originales : quatre sont issus de “China Man Vs China Girl”, sept de “Beau futur”.

Soixante minutes intenses, pour un set dense et concis, avec un Benjamin au top de sa forme. Pas mal d’impros (non hasardeuses), tant l’interactivité fonctionne entre le public et le groupe.

Costume, bottillons et patalon noirs, nœud pap’, chemise blanche, Benjamin (chant, clavier, showman, monsieur Loyal de Freaksville) met un point d’honneur à bien s’habiller sur scène. Par respect pour le public.

À ses côtés : Pascal “Scalp” Schyns (basse), Chris Cerri (guitare), Sophie Galet et Claire Wilcock (chœurs, dancing “Ready Steady Go!” girls).

Un répertoire pop solaire, touché par la grâce, en live comme dans sa version studio. Et où les sons synthétiques jouent un rôle essentiel. De vraies pop songs solides et fiables. Ces chansons demeureront comme des pépites radieuses dans la suite de la carrière, que l’on devine prolifique et mondiale, de Benjamin Schoos :

• “Visiter la lune”.

• “Marquise”.

• “Profession catcheur”.

• “Une dernière danse”.

•  “Beau futur”.

• “J’ai essayé de t’aimer”
(en duo avec Claire Wilcock).

• “China Man Vs China Girl”.

• “Le cascadeur”
(« Une chanson très triste sur un type qui a réellement existé. C’est la musique d’un documentaire sur Thierry Hallard. Un génie de la moto. Il était même plus fort que le Français Rémy Julienne, spécialiste de cascades, etc. Sauf qu’il n’aimait pas voyager, donc il restait en Belgique. Thierry Hallard avait ses Cascadeuses, un peu l’équivalent des Clodettes version cascades.
J’ai écrit une chanson sur ce personnage, ce presque cow-boy belge. Hélas, Thierry a voulu battre le record du monde de saut en moto au-dessus de camions au stade du Heysel en 1979 : résultat, il s’est brisé le dos. Les assurances l’ont ruiné, il a terminé taximan à Bruxelles.
Malheureusement, il est mort dans son taxi, où il a été retrouvé quatre jours après son décès. Un destin tragique pour un homme brillant, qui a réinventé le monde de la cascade. Je sais, ça fait rigoler, mais avec Jacques Duvall, on a écrit cette chanson que je vais vous interpréter. C’est toujours un moment d’émotion. »
)

• “Je ne vois que vous”
(« Ah, ça c’est beau ! Mon petit tube ! Ça a bien marché en Angleterre, je ne sais pas pourquoi. Là-bas, ils pensent que je suis Parisien lorsque je joue ce morceau. »)

• “La grande aventure”

• “Lune de granit”

« Petite surprise : je vais vous interpréter ma chanson favorite de tous les temps. J’ai participé à l’“Eurovision” en 2009 à Moscou. C’est là que j’ai appris à aimer la bonne musique, à m’ouvrir l’esprit.
J’ai vu des gens faire des choses incroyables avec leurs corps, grimper sur des échasses de 2 mètres de haut. J’ai même croisé Vladimir Poutine. J’ai rencontré le duo russe féminin t.aT.u., Dita Von Teese, strip-teaseuse de haut vol.
C’est là-bas que j’ai appris à découvrir, aimer et analyser ce morceau. J’en ai fait plusieurs arrangements : en reggae, symphonique, jazz, etc. Christophe Cerri au piano, vous pouvez l’applaudir — attention, au début, ça peut ressembler à du Michel Jonasz. »


Il s’agit d’une reprise en français du titre (découvert ce soir-là) “No Limit” du concept eurodance de studio 2Unlimited. En version piano jazz durant une minute suivi d’un rythme dance. Le tout agrémenté d’une référence à The Confetti’s : « This is the sound of B. ! This is the sound of B. ! This is the sound of Belgium ! Belgium ! Belgium new beat ! » (« B. » volontairement au lieu de « C. »).

Le new beat et l’eurodance : quelle horreur. En 1990/1994, c’était ce qui se faisait de pire musicalement. Satan incarné à travers trois minutes radiophoniques ou via les clips à la télé (au “Top 50” ou sur M6). Quoi qu’il en soit, Benjamin Schoos fait passer le tout comme une lettre à la Poste, dans l’euphorie et la pop’n’roll attitude freaksvillienne.

François Guibert
(15 mars 2015)

(1) : “Comme la romaine” (1983), “Je déçois” (1990), “Hantises” (2006), “Le cow-boy et la call-girl” (2009) et “Expert en désespoir” (2011).

(2) : les Phantom/Fantômes/Loved Drones/Experts en Désespoir. C’est-à-dire : Jampur Fraize (guitares électriques), Benjamin Schoos (idem, et aussi en acoustiques, percussions, harmonica), Philippe Laurent (orgue, synthés), Pascal “Scalp” Schyns et Chris Cerri (basse), Sophie Galet (chœurs), Geoffroy Degand et Jérôme Danthinne (batterie). Plus des invités : Philippe Corthouts (pedal steel), Isabelle Blais (chœurs), Raphaël Laforgia (banjo).





"Accordéon & accordéonistes" n°151 (avril 2015) :





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MessageSujet: Re: BENJAMIN SCHOOS, SABINO ORSINI, JACQUES DUVALL: compte rendu   Lun 9 Mai - 1:36




Nouvelle page spéciale

« Chronique de l'album live “SOS Marie France !”

de MARIE FRANCE & LES FANTÔMES spécial “39 de fièvre”

+ concert “Good Luck Universe!”

de BENJAMIN SCHOOS & LES LOVED DRONES

le 8 mars 2016 à LA MAROQUINERIE (Paris) »

en ligne sur ce lien :
http://lachanteusemariefrance.fr.gd/Album-live--g-SOS-Marie-France--ar--g---k1-special--g-39-de-fievre-k2--de-MARIE-FRANCE-ET-LES-FANTOMES-%2B-Concert-Freaksville-de-BENJAMIN-SCHOOS-%26-LES-LOVED-DRONES--k1--g-Good-Luck-Universe-ar--g--k2--le-8-mars-2016-a-LA-MAROQUINERIE--k1-Paris-k2---d--chronique-.-.htm





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Chronique de l’album

“SOS Marie France !” (2016)

de MARIE FRANCE & LES FANTÔMES

+ l’album “Good Luck Universe !” (2016)

et concert le 8 mars 2016 à La Maroquinerie (Paris)

de BENJAMIN SCHOOS & THE LOVED DRONES :


“Marie, reviens ! Les rocks les plus terribles” : tel pourrait être le sous-titre clin d’œil de l’album live officiel “SOS Marie France !”. Paru le 8 avril 2016 uniquement en mp3, il est doté d’un puissant son stéréo.

Il a été enregistré le 11 mai 2013 à SOS Recording (studio/salle de concerts) à Ans (Belgique). On peut le considérer comme le témoignage du dernier concert parisien à ce jour de Marie France. Car il s’agit du même spectacle présenté sept jours plus tard à Paris, le 18 mai 2013 au Réservoir.

Il est axé autour de l’album chef-d’œuvre “39 de fièvre”. Ce disque de 1981 a été enregistré avec, outre Philippe Guyot (basse), trois Bijou : Vincent Palmer (guitare, parfois basse et orgue), Dynamite Yan (batterie) et Jean-William Thoury (parolier, réalisateur).

Les Fantômes rejouent avec brio tous ces rock’n’roll mythiques issus du disque phare n°1 de Marie France : “Le diable en personne”, “Chanson magique”, “Dansons”, “Dis-moi oui”, etc.

« Aucune prise n'a été refaite. C'est du 100 % live, mixé trois ans plus tard par Sabino Orsini (East View Studio),
explique Benjamin Schoos du label Freaksville. C'était la première fois que nous jouions ensemble ces classiques du rock en mode yé-yé rock devant un public. Souvenir ému. »

Comme dans les enregistrements de 1981, Marie France excelle en tant que chanteuse rock’n’roll volcanique. Intonations rageuses, voix allant dans l’aigu puis le grave (ou vice versa). Son charisme vocal, tout en sensualité et électricité, de Fujiyama Mama est évident. Qu’elle chante des titres rapides, l’orageux “39 de fièvre” ou le slow sixties “Trop tard” (musique de Palmer), elle y met son feeling frondeur, sauvage, chaud, joyeux et survolté.

En chantant en version française sixties ces standards anglais ou américains, Marie France fait claquer, swinguer et rock’n’roller les mots. Il y a aussi des originaux aux textes écrits par Jean-William Thoury : “Trop tard”, “Comme les autres” et “Chez moi à Paris”, hymne éternel de Marie France. Ce titre lui va comme un gant. Elle reste à jamais une Parisienne flashante, libre, indépendante et mutine.

Auteur de textes à l’humeur rock, Jean-William Thoury a aussi transformé “Lucille” de Little Richard en “Youri”. Il sait retranscrire de façon simple, claire, attrayante des histoires (grandes ou petites) du quotidien de rockers : amour, concerts, virées, sorties, liberté, guitares, fiancées, fureur de vivre, énergie, camaraderie, concerts, musique, motobylettes géantes, insouciance, rébellion, etc. Tout en évitant à chaque vers les banalités textuelles et les clichés que cet univers peut engendrer dans la réalité.

Jean-William est par ailleurs un réalisateur chevronné, sous l’influence artistique (et revendiquée) de Phil Spector. Sa méthode de travail pour les disques de Bijou 1977/1981 comme pour “39 de fièvre” : mettre tous les instruments ainsi que la voix au même niveau, à fond mais de façon équilibrée et orfèvrée.

Les guitares sont jouées par Jampur Fraize (très pub rock, Wilko Johnson, garage, Cramps) et Marc Wathieu. Dans le jeu de ce dernier, on sent sa culture pop mélodique sixties qu’il habille d’un son bien électrique.

Les Fantômes le savent à l’avance : inutile de tenter de reproduire à l’identique et au détail près les fantastiques guitares, rythmiques ou solo, enregistrées par Palmer. Comme l’explique Benjamin Schoos, « Marc Wathieu s'est occupé de diriger les répétitions. Il a soigné les orchestrations en gardant l'esprit de l'album “39 de fièvre” mais sans dénaturer le son des Fantômes (ex-Phantom). » Résultat : un savant mix inspiré des fulgurances gravées à vie de Palmer et l’excellent jeu garage rock du Freaksville sound.

Marc Bouille refait les chœurs des frères Georges et Michel Costa, l’un des éléments clefs de la réussite du disque studio.

Lors du gig à Paname, les quatorze titres de ce 33 tours ont été rejoués dans l’ordre établi avec minutie en 1981 par Jean-William Thoury, de “Chez moi à Paris” à “Dynamite”. En rappel-bonus : “Le détecteur de mensonges” (de l’album “Kiss”, 2012), “Déréglée” et, à nouveau mais dans une version rallongée, “Chez moi…”.

Dans “SOS Marie France !”, c’est le chamboule-tout au niveau setlist. Il manque “Avec toi”, “(La vie me chante) Ouh la la” et “Chéri ce s’ra moi”, titres peut-être pas joués à Ans mais interprétés à Paris. Il a donc fallu rééquilibrer le tout et remanier l’ordre. Tout en y glissant “Le détecteur de mensonges”.

Sur ce live comme dans tous leurs concerts et leurs deux disques studio en commun, Marie France et les Fantômes dégagent une énergie créatrice du tonnerre. Ce groupe belge est une bénédiction pour elle.

Dix ans déjà que Benjamin Schoos, Pascal Schyns (basse), Geoffroy Degand puis Jérôme Danthinne (batterie) & co jouent à ses côtés à intervalles réguliers. Le 20 décembre 2006 au Klub (Paris), ils lui ont redonné l’envie et la possibilité de donner des concerts en formule électrique. Le temps de deux titres revisitées, “Daisy” et Déréglée”. Première rencontre, flash artistique immédiat entre elle & eux. C’était lors du (là aussi) premier concert de Jacques Duvall chanteur.

Quand ils n’accompagnent pas Marie France sur scène ou sur disque, Les Fantômes menés par Benjamin Schoos jouent sous le nom Loved Drones. De façon incompréhensible, les médias alternatifs les classent alors dans la catégorie “krautrock”. Un nom qui fait branché, on comprend pas trop ce que c’est. En fait, c’est un genre musical étrange, bizarre, rebutant, compliqué et fastidieux à écouter. Une sous-division en zone Z du psychédélisme ou de l’effrayante musique progressive.

Alors qu’en fait, les Loved Drones sont un terrible groupe de rock’n’roll à guitares électriques. On l’a écrit dès 2014 : leur précédent album, “The Tangible Effect of Love”, est sans aucun doute le plus invendable du label Freaksville. Les guitares sont mixées en arrière-plan, il y a des ambiances éthérées, etc. Chose également écrite : à l’inverse, ces mêmes morceaux joués live sonnent rock’n’roll en diable. Exactement comme lors des concerts avec Marie France.

En 2016, les Loved Drones sortent “Good Luck Universe !” en 33 tours, mp3 mais pas en CD. Un deuxième album qui reflète parfaitement leurs prestations scéniques (“Nomad”, “Pulse Radar Love”, “Escape From the Terror Drone”). Il est aussi brillant et éclatant que “Femme plastique” (2010), album de sensass’ rock de Miam Monster Miam & les Loved Drones. Et donc, “Good Luck…” représente parfaitement ce que sont les Loved Drones (ou Fantômes) en concert.

Il y a sur ce 33 tours des sonorités psychédéliques (“Canyons”), hindouïstes (“Drone Alone-Crimson Skies”), etc. Mais elles sont discrètes, au fond à droite (et tant mieux), contrebalancées par les guitares, ou transformées en gimmicks synthétiques azimutés. Et durant ces trente-quatre minutes de studio, les guitares et synthés tendance foldingos dominent le tout avec la rythmique échevelée et carrée (Pascal Schyns à la basse, Jérôme Danthinne à la batterie).

Le 8 mars dernier à la Maroquinerie (Paris), les Loved Drones ont présenté ce disque le temps d’un set de trente minutes (avant la tête d’affiche, Kula Shaker, d’où cette courte durée). Avec un joueur de sitar et Man From Uranus (chant perché et onomatopées, synthé), ils ont reproduit cette ambiance rock roll, mâtinée juste ce qu’il faut d’improvisation seventies.

Grand plaisir de revoir en concert le groupe de Marie France. La prochaine fois, l’idéal serait que l’équipée Freaksville et Marie France From Paris soient réunis de nouveau sur une scène de la capitale française.

Car le live “SOS Marie France !” le démontre : Marie France est la reine du rock lorsqu’il s’agit de chanter des morceaux qui bougent et font remuer, taper du pied, claquer des doigts, sautiller, danser. La musique, la chanson, les concerts, le spectacle, les disques, le show, c’est ce pour quoi elle est faite.

François Guibert
(8 mai 2016)


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MessageSujet: Re: BENJAMIN SCHOOS, SABINO ORSINI, JACQUES DUVALL: compte rendu   Ven 19 Aoû - 0:16




• Nouvelle page spéciale

« Chronique détaillée de l'album

“MARIE FRANCE chante JACQUES DUVALL”

(Freaksville, 2016) »


sur ce lien à copier-coller :
http://lachanteusemariefrance.fr.gd/Album--g-MARIE-FRANCE-chante-JACQUES-DUVALL-g---k1-realise-par-Benjamin-Schoos-et-Chris-Cerri%2C-Freaksville%2C-2016-k2---d--chronique-detaillee-.-.htm





• Concert “10 ans de Freaksville” le mercredi 23 novembre 2016 à 20h30
Chez Madame Arthur (75 rue des Martyrs) à Paris.

Avec “MARIE FRANCE chante JACQUES DUVALL”
+ PHANTOM Feat. JACQUES DUVALL (jouent l'album “Hantises”).



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Chronique de l’album
“Marie France chante Jacques Duvall”


(Freaksville, sortie le 30 septembre 2016) :

En 2016, Marie France demeure une fantastique chanteuse de rock’n’roll. Y compris lorsque, comme sur ce nouvel album, il n’y a aucun morceau électrique et quasiment aucune guitare (1).

Dans ce disque honorant son parolier fétiche depuis 1977, elle interprète des chansons à l’ambiance cabaret intimiste. Formule piano & voix, mâtinée de quelques instruments ici et là. Elle enrobe ces dix chansons d’une envoûtante atmosphère, grâce à sa voix chaude, mutine, chaleureuse, et sa personnalité magnétique. Séductrice, elle se régale à jouer de ses charmes vocaux.

Durant trente-cinq minutes, via la plume élégante et subtile de Jacques Duvall, elle raconte de façon romancée sa vie intime en chansons. Avec conviction, elle transmet toutes les émotions amoureuses (blessures et bonheurs) qu’elle a pu ressentir depuis son adolescence. Un parcours riche en rencontres et en histoires.

C’est le disque de Marie France où sa voix est la mieux mise en valeur. Attention : ses précédents albums (2) sont très bien enregistrés. Simplement, “… chante Jacques Duvall” bénéficie des techniques d’enregistrement optimum 2015/2016, sans traficotage vocal via des logiciels. Et l’optique “piano & voix” permet de mettre le chant très en avant sans que l’orchestration ne soit reléguée au fond.

Trois titres composés par Benjamin Schoos figurant sur les CDs “Phantom feat. Marie France” et “Kiss” sont rejoués et rechantés, dans une ambiance plus feutrée.

Ainsi, pour “Bleu”, la percussion rythmique de Geoffroy Degand, le violon de Henri Graetz et la guitare (sur la première version de 2008) laissent la place au piano de Chris Cerri. Marie France chante ces paroles de façon adéquate. C’est-à-dire comme si elle avait le cœur dévasté.

Sur l’album “Kiss” (2012), elle interprète “Un garçon qui pleure” en duo avec Chrissie Hynde, l’une de ses réelles amies depuis la fin des années 1970. Aussi authentique que ce soit ce tandem féminin, l’accent anglais-en-français de la miss Pretenders rebute. Il empêche d’apprécier pleinement le morceau. Cette fois, le texte est chanté d’un bout à l’autre par Marie France. C’est désormais la version de référence, celle qui coule de source.

“Ménage à trois” demeure la ballade qu’elle était lors de sa création en 2008. Les guitares pop sixties originelles en moins, une brise sonore italienne en plus, grâce aux sons de mandoline. On peut la rapprocher de “La villa Borghini” (album “Beau futur” de Benjamin Schoos, 2014).

François Bernheim a composé deux musiques : “C’est Paris” et “Un garçon qui pleure”. Sa griffe : un style pop mélancolique, avec des envolées langoureuses.

“C’est Paris” décrit l’attachement indéfectible de Marie France à la ville lumière. Même si elle n’est pas dupe de l’attitude élitiste des gandins et autres « gus tellement snobs ». Tel ce « ringard qui se pense / L’arbitre des élégances », bien qu’il s’agisse d’une métaphore duvallesque concernant la capitale.

Marie France y a résidé de 1962 à février 2015. Elle y a vécu de grandes histoires d’amour, connu tous les vertiges, fait la fête (“égérie des années Palace”, etc.). Elle y a travaillé sans relâche au sein de revues scéniques (Ange Bleu, Alcazar, “Mugler Follies”) et donné de nombreux concerts.

Le refrain au classicisme mélodique bon teint de “C’est Paris” est dans la tradition de la variété française respectable. Ce n’est pas le cas pour les couplets. On retrouve alors le phrasé irrésistible de celle qui reste à jamais une Parisienne par excellence.

Le bouleversant “Boulevard des rêves brisés”, à l’humeur désespérée, est une adaptation française de “Boulevard of Broken Dreams”. Elle est beaucoup plus poignante que la version tsigane, rèche et déprimante de Marianne Faithfull sur son album “Strange Weather” (1987).

Les sons additionnels d’orgue (ou de synthé) joués par Chris Cerri sur ledit “Boulevard…” renforcent l’impression d’une dérive nocturne tournoyante dans les rues de la capitale. Mêmes sensations lorsque Jean-François Assy intervient au violoncelle sur “À mort l’amour”. Sur son CD “China Man Vs China Girl” (2012), Benjamin Schoos la chante accompagné de nombreuses cordes (violons, violoncelles) et dans des arrangements fastueux. La version de Marie France bénéficie d’un traitement musical minimaliste, tout aussi réussi.

Dès l’an 2000, lors de ses récitals “La fille au cœur d’or” (3), elle interprétait “Marcello” (ici avec une mandoline couplée au piano en guise de gimmick sérénade) et “J’veux cet homme”. Ces enregistrements studio sont plus sophistiqués que les maquettes audio d’époque.

Marie France chante ces paroles dorénavant de manière beaucoup plus souple et enjouée. Tel ce passage : « Il est très recherché / Entre autres par tous les flics de France » dans “J’veux cet homme”. Une chanson gentiment délurée, au refrain cha-cha-cha tendance Gillian Hills, et où Marie France est en pleine parade amoureuse.

“Quand j’embrasse un salaud” propose un texte reflétant parfaitement l’esprit facétieux de Jacques Duvall. Comme pour chaque chanson, il se glisse dans la peau de son interprète. Il en fait de même pour Alain Chamfort, Benjamin Schoos ou Lio.

Et donc là, il fait chanter à Marie France des paroles où elle butine d’un homme à un autre, selon son bon plaisir. Avec ici un penchant déclaré pour les “mauvais garçons”.

Pour “Le cercle rouge”, on ressent les mêmes émotions qu’à l’écoute de”Bleu”. Elle met beaucoup de son vécu amoureux dans l’interprétation de ce texte. Par exemple, lorsqu’elle prononce les mots « le nom d’une autre femme » (entre autres).

Christophe Cerri joue du piano Steinway et de quasiment tous les instruments (clavier, orgue, percussions, basse, hautbois, mellotron). Son jeu pianistique est fluide. Il a une indéniable technique professionnelle mais elle ne prend pas le pas sur le feeling et le plaisir de jouer.

On n’oublie pas le violoncelle de Jean-François Assy (4). Ni le discret jeu de batterie de Jérôme Danthinne sur “Quand j’embrasse un salaud” et “Ménage à trois”.

Christophe Cerri et Benjamin Schoos font un travail phénoménal en matière de production et d’arrangements (et de mixage pour Christophe, avec Gilles Martin). Une réalisation simple en apparence et élaborée. Aucune boursouflure sonore.

L’équipe Freaksville sait comment enregistrer, produire, mixer un disque (de rock’n’roll, de chanson, etc.) pour que le résultat soit percutant. Le son des disques Freaksville est toujours impeccable sans être lisse. Il y a de la vie et de l’excitation dans les réalisations de ce label belge. Avec de vraies chansons, aux textes et musiques solides et inventifs.

François Guibert

(6 août 2016)

(1) : hormis sur “Quand j’embrasse un salaud”, où il y a un euphorique solo électroacoustique de guitare. Dans l’esprit du jeu de Yan Péchin, il est joué par Christophe Cerri.

(2) : “39 de fièvre” (1981), “Marie France” (1997), “Raretés” (2006), “Phantom Feat. Marie France” (2008), “… Visite Bardot” (2009), “Kiss” (2012), le live “SOS Marie France !” (2016).

“39 de fièvre” est un chef-d’œuvre de rock’n’roll conçu avec trois membres du groupe Bijou : Vincent Palmer (guitares, direction musicale, arrangements, quelques sons de basse), Dynamite Yan (batterie) et Jean-William Thoury (parolier, réalisateur, assisté par Paul Scemama). Ainsi qu’avec Philippe Guyot (basse, orgue), Georges & Michel Costa (chœurs).

(3) : avec Valentine Duteil (violoncelle) et Christophe Cravero (piano).

(4) : il a accompagné Alain Bashung sur “La tournée des grands espaces” (2003/2004) et le “Bleu pétrole tour” (2008/2009). Il a également joué aux côtés de Daniel Darc durant ses concerts “La taille de mon âme” (2011/2012, avec le pianiste Rémy Bousseau).


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